vendredi 14 mai 2021

 

C’était  hier  30  novembre  en  milieu d’après-midi. La présidence de la République publie sur son compte twitter officiel le message suivant :« Info / Présidence#Covid_19 au Mali Adresse à la Nation du Président de la Transi

tion, Chef de l’Etat, SEM Bah N’Daw, ce lundi 30 Novembre 2020 dans l’Edition de 20 h de l’#ORTM. »

Simultanément, le même message a été publié sur la page Facebook de Koulouba. Ces annonces ont immédiatement fait le buzz et ceux de maliens qui ont la chance de lire français et d’avoir un accès à internet étaient particulièrement soulagé.

En effet, la seconde vague de la Covid-19 fait des ravages au Mali et crée la panique. Les hôpitaux débordés refusent les malades qui n’ont d’autres choix que d’aller contaminer leur proche avant, pour beaucoup, de rendre l’âme.

Dans les hôpitaux comme dans la communauté, les décès croissent de façon quasi exponentielle. La parole présidentielle était donc particulièrement attendue et bienvenue.

Mais voilà : ceux qui, toutes affaires cessantes, se sont installés devant leur téléviseur pour « boire la bonne parole » se sont interrogées quand la présentatrice du jour, dans l’énoncé des titres, n’a fait aucune allusion à l’adresse à la Nation tant attendue. Peut-être fallait -il prendre son mal en patience jusqu’à la fin du journal. Peut-être que des  «  problèmes  techniques  »  dont  nous sommes devenus familiers ont créé un couac inattendu. Mais jusqu’à la fin du fameux Journal télévisé de la chaîne officielle nationale, il n’y eut ni message, ni explication encore moins d’excuse.

Que s’est-il donc passé ? Le président a-t-il eu un problème de santé inattendu ? Ou a-t-il simplement renoncé à s’exprimer. Si oui, quelle mystérieuse ou impérieuse raison a pu provoquer un tel bouleversement de l’agenda présidentiel ? Votre journal Malikilé a cherché à savoir pour vous informer.

Selon nos recoupements, peu de temps avant l’enregistrement de son adresse à la nation, Bah N’Daw apprend que son message a déjà fait le tour des réseaux sociaux. Or seuls les services de la présidence pouvaient y avoir accès. Froide colère du Colonel-major qui décide de tout annuler.

Au-delà, certaines mesures retenues dans le message qui a fuité n’étaient pas assez muries et aucune mesure d’accompagnement n’avait été prévu pour les couches les plus vulnérables.

Mais le président Bah N’Daw a-t-il réalisé qu’en faisant annoncer qu’il s’exprimera tel jour à telle heure, il avait obligation, sauf cas de force majeure, à tenir son engagement. Il s’agit là d’une simple question de respect que tout dirigeant doit à son peuple. Aucune colère, aucun caprice, aucune saute d’humeur ne peut justifier une telle volte-face qui dénote une grosse impréparation à la fonction présidentielle (même de transition) et un manque de sang-froid qui accompagne nécessairement l’action publique à un niveau si élevé. Il fallait maintenir l’agenda, ordonner une enquête, identifier les taupes, prendre les sanctions appropriées et les mesures pour éviter ce genre d’errements.

Le président Bah N’Daw a la réputation de démissionner dès qu’il est contrarié. Mais cette fois-ci, il s’agit plus de désertion que de démission. L’enseignement de cet évènement qui ne grandit pas la transition est qu’une grosse cacophonie et un inquiétant amateurisme règnent au plus haut sommet de l’Etat. Les maliens sont-ils protégés ? Pour permettre à nos lecteurs de comparer les deux versions du même message (celui qui circule sur les réseaux sociaux et celui à venir) ou en tout cas les mesures annoncées et celles qui seront finalement retenues, nous publions le « message » diffusé sur les réseaux sociaux.

 

Moctar SOW

MALIKILE

 

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