mercredi 26 février 2020

 

Du Burkina Faso au Niger, en passant par le Mali, dans ces trois pays durement éprouvés par les attaques terroristes, le sentiment anti forces étrangères en général et celui des forces françaises en particulier ne faiblit toujours pas.

Les populations du G3, considéré comme l’épicentre du terrorisme au Sahel, sont agacées par des tueries en masse de leurs soldats au nez et à la barbe des forces étrangères hyper équipées, mais peu mobiles.

Elles demandent le départ pur et simple de ces forces qui seraient à leurs yeux des forces d’occupations et non antiterroristes. Une demande légitime, mais non objective quand on sait l’Etat déliquescent de leurs armées face à ces combattants aguerris et hyper équipés. Ne faudrait-il pas se préparer moralement, physiquement et matériellement avant de demander le départ des forces étrangères. Les armées de ces trois pays pauvres pourraient-elles contrer les assauts des djihadistes ? Ne faudrait-il pas résoudre d’abord la cruciale question de la gouvernance ?

Nombreux sont les citoyens du Mali, du Niger et du Burkina Faso à nourrir le sentiment antiforces étrangères dans l’espace sahélien. La principale raison évoquée est leur inaction face à la recrudescence de la violence terroriste. Ils disent avoir perdu suffisamment d’hommes au sein des forces de défense et de sécurité des trois pays considérés comme l’épicentre du Djihadisme, alors que les forces étrangères, qu’elles soient onusiennes ou françaises, sont présentes au Sahel pour combattre l’hydre terroriste. Ressentiment légitime des peuples meurtris, même s’il ne devrait pas valoir un refoulement sur leurs sols de ces mêmes forces étrangères, qui sont devenues aujourd’hui un mal nécessaire au regard de l’état déliquescent des outils de Défense de chacun des pays du champ.

Faut-il voiler la face et nier la faiblesse, ou l’inadaptation des armées des trois pays face à cette guerre asymétrique à laquelle elles ne sont pas préparées? Les forces armées du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont encore besoin de l’assistance des autres pour s’adapter à cette nouvelle guerre qui leur a été imposée.

Les populations du Mali, du Niger et du Burkina Faso ne doivent pas se tromper de combat, elles doivent exiger d’abord de leurs gouvernants une gestion vertueuse des deniers publics et leur imposer le devoir de redevabilité. Ensuite, elles devraient exiger une moralisation dans le recrutement au sein des forces armées, une formation véritable et sans complaisance des nouvelles recrues pour qu’elles s’adaptent aux réalités du terrain, un équipement adéquat, moderne et performant et surtout une lutte implacable contre la corruption dans leurs pays en général et au sein de leurs forces de Défense et de sécurité en particulier.

Ce combat pourra durer des décennies ; mais c’est après cela qu’elles pourraient demander le départ des forces étrangères. Les populations peuvent continuer à mener la pression sur les forces étrangères afin qu’elles changent de fusil d’épaule, mais leur départ serait suicidaire, car l’ennemi bien que moins nombreux, a eu le temps de se sanctuariser et dispose d’armes adéquates acquises dans la vente des otages, dans le trafic de drogue, de la cigarette et surtout dans les riches réserves d’armements du guide de la révolution Libyenne Mouammar Kadhafi. Aucune des armées seules des trois pays ne pourrait arriver à bout de ces forces du mal, endoctrinées et prêtes à mourir au nom de leur idéologie.

Youssouf Sissoko
Infosept

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