vendredi 19 avril 2019

Ce ne sont pas diantre ni les hommes ni le moyen matériel qui manquent pour empêcher les malfrats d’opérer à Bamako, mais plutôt le laxisme et l’amateurisme des autorités en charge de la sécurité. La preuve, nous l’avons depuis 72 H.

Les forces de l’ordre du Mali dans le souci de protéger la population ont entrepris de patrouille dans la capitale depuis le 28 janvier dernier. Belle initiative au regard de la détérioration de la situation sécuritaire et l’on pourrait encore s’en réjouir si la démarche avait réellement pour but de protéger les populations pour toujours. Tel n’est pas le cas… D’abord, chose qui devait se faire en toute discrétion a été en avance largement étalée sur la place publique. La grande patrouille entreprise dans la nuit du 28 janvier et toujours en cours dans le district de Bamako, a, en avance, fait l’objet d’un grand coup médiatique comme si c’était pour aviser les malfrats. Et ça a malheureusement marché, les malfrats ont aussi pris des précautions pour la circonstance en abandonnant leurs nids et suspendre toute opération de braquage en vue. Résultat: aucun bandit de grand chemin arrêté.

Au moins trois bars visités

Ces patrouilles de grandes envergures devant aboutir par l’arrestation des bandits de grand chemin, n’ont enregistré que de petits succès dans les coins de Bamako déjà célèbres pour leur mauvaise réputation : Les bars et les secteurs dits dangereux de certains marchés de Bamako. Au nombre de ces bars qui ont reçu la visite des éléments de la patrouille, l’on peut citer le Bar ‘‘Africano’’ au quartier Banconi en Commune I où des arrestations ont lieu après saisie des armes blanches sur des clients. Rien de surprenant quand on sait que ces lieux ont toujours accueilli des délinquants de tout grade et pour les dénicher ou les arrêter, on n’avait pas besoin d’une ‘‘descente musclée’’.

Après le Bar ‘‘Africano’’ à Banconi le 28 janvier, c’est le bar ‘‘Bar Yafa’’ au quartier Djélibougou, toujours en Commune I, qui a reçu la visite de la patrouille le 29 janvier, soit 24h après ‘‘Africano’’. Et là, il fallait forcément être le plus naïf des malfrats pour se faire avoir tout le monde étant déjà au courant qu’il y a des patrouilles en cours. Faisant aussi le bilan de ces patrouilles, la police a annoncé avoir fait une descente dans un bar au quartier Dravéla en Commune I (lire communiqué). Outre ces bars, d’autres coins de Bamako longtemps connus d’être le nid des malfrats, ont reçu la visite de la patrouille. Et si beaucoup d’observateurs se sont abstenus à critiquer ces patrouilles compte tenu de la situation, d’aucuns soutiennent que le ministre Salif Traoré est tombé dans le folklore et veut tout simplement son fauteuil. Ce, au regard de la campagne médiatique qui accompagne les faits.

Les bandits n’opèrent plus

C’est la seule chose de laquelle l’on peut s’en réjouir. Les bandits ont suspendu toute opération. Mais pour combien de temps quand on sait que ce n’est pas la première fois que les responsables de la sécurité, avec à sa tête le ministre Salif Traoré, entreprennent de telle initiative à la suite de multiplication de grands actes de banditisme dans le district de Bamako.

Les faits deviennent encore insultants et pour la population et surtout pour les parents des victimes, quand on arrive à la conclusion que ce ne sont ni les hommes ni le moyen matériel qui ont manqué pour empêcher les crimes enregistrés ces derniers temps : L’imam Yattabaré assassiné à 5 h du matin, le commerçant Oumar Touré abattu chez lui à 20 h…

Pour sauver son fauteuil

‘‘Il fait ça parce qu’on lui demande de démissionner’’, c’est le message véhiculé au grand marché de Bamako dans le secteur dit ‘‘Dabanani’’ lors du passage d’une patrouille de la Garde nationale le mardi 29 janvier. Le message est destiné au ministre Salif Traoré et les commerçants du secteur n’ont pas manqué de faire de leur stupéfaction et ont qualifié la patrouille d’une opération d’embêtement : ‘‘Les coins qu’ils fouillent sont connus de tous comme étant les nids des délinquants depuis des années, alors pourquoi maintenant et tout ce folklore…’’ s’interroge un commerçant du secteur. Au même moment, des patrouilles au niveau des commissariats ont multiplié. En pleine journée, ils ont fait des descentes musclées pour vérifier des vignettes. Mais c’est compter sur les billets de 500 F ou de 1000 FCFA glissés par ceux qui ne sont pas à règle aux policiers.

Djibi Samaké

Source: LA SIRENE

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