mardi 23 octobre 2018

On ne cessera jamais de le dire : l’insécurité désormais récurrente au Mali et particulièrement à Bamako devient de plus en plus préoccupante au regard de la recrudescence des attaques terroristes, vols, pillages, agressions et autres… Ce qui vient de se produire derrière l’ambassade de France au Mali en constitue un témoignage éloquent.

La scène s’est produite le vendredi 25 Août 2017 aux environs de 20h selon des sources concordantes. Un jeune homme de 32 ans répondant au nom d’Abou Bakayogo, était sur sa moto de marque «Apache», lorsqu’il a été abattu à bout portant sur la voie qui mène au marché de légume (Namasadankan) juste au bout de l’ambassade de France. Il a reçu deux balles, une dans dos et l’autre dans la tête. Il s’est effondré à quelques mètres de l'ambassade de France en direction du «Pont des martyrs».
La victime travaillait au compte de son patron du nom de Thiémogo Bakayoko, un revendeur de l’or très connu dans le milieu. Abou en question avait quitté Niaréla ou se trouve leur bureau, situé sur la rue TITI Niaré, porte 512.
Il était chargé ce jour, d’amener la recette de la semaine à son patron lequel loge sur la rive droite du fleuve. C’est chemin faisant qu’il a été pris pour cible aux environs de 20 h. Son sac contenant la bagatelle de plus de 47 millions FCFA destinée à son patron a été emportée par ses agresseurs.  
Il nous revient qu’il a été suivi depuis son point de départ à Niaréla par deux hommes sur motos Djakarta. Au niveau du virage de l’ambassade de France avant l’entame du «Pont des martyrs», les deux malfrats ont profité d’un petit embouteillage pour s’approcher de lui. Et l’un d’eux qui, aux dires du patron d’Abou connaissait sa victime, l’a clairement indexé au second lequel sortit son arme et fit feu à bout portant dans le dos de la victime. Le malheureux tomba mais seulement blessé. Et pour l’achever, le tireur ouvrit le feu une deuxième fois pendant que son compagnon s’emparait du sac.
Les deux bourreaux ne perdirent pas de temps. Après leur forfait, ils s’évaporèrent dans la nature, happés par une circulation devenue dense.   
Après le drame, le journal KOJUGU a cherché à en savoir davantage. Nous avions rencontré le patron de la victime à savoir, Monsieur Tièmogo Bagayogo. Il ressort de son témoignage que la scène de la remise des sous a été filmée dans le bureau du patron. Et dans le film, Abou est parfaitement reconnaissable (voire capture d’écran).
Selon le Patron, la victime est un jeune diplômé, marié, père de deux enfants dans l’attente d’un troisième au regard de la grossesse avancée de Madame. Les enquêtes sont en cours afin de mettre la main sur les criminels.
Il ressort de nos investigations qu’il existe de véritables réseaux mafieux dans le secteur entre Bagadadji et Niaréla. Toute chose qui explique les cas d’agressions, de vols, braquages et autres, même en pleine journée.

Pas un cas isolé
Il ne s’agit, en effet, pas d’une première. Le même bâtiment servant de siège aux marchands d’or en question sis sur la rue titi Niaré, a été le théâtre d’un cas de vol à main armée. Le Dimanche 27 d’Aout 2017 (mois de Ramadan), soit deux jours après l’assassinat d’Abou Bagayogo, un jeune employé du nom de Ousmane Diaby chargé d’amener le repas à son bureau COMPLEXE COMMUNICATION a été aussi suivi de Niaréla jusqu'à la «Rue Princesse» au quartier Hippodrome où il a été agresser par deux malfrats armés. Et pour avoir la vie sauve, il leur céda l’engin. Une moto empruntée, soit dit en passant.
On retiendra qu’Abou Bagayogo tout comme le jeune Ousmane Diaby ont quitté la même zone, voire le même immeuble avant de se faire agresser quelques minutes plus tard.
C’est dire que les malfrats en question semblent bien connaître leurs victimes et les suivent de très près e.
Tous les regards désormais tournés vers l’ambassade de France
Comment, dit-on, pareille tragédie a pu se produire à quelques mètres de la représentation diplomatique française sans que les agents interviennent. A l’intérieur, les occupants ne peuvent prétendre avoir rien vu et/ou entendu au regard des dizaines de caméras de surveillance installées sur les lieux. Et dire que la forteresse (il s’agit bien d’une forteresse) regorge de nombreux soldats de l’opération Barkhane). Selon toute évidence, ils se sont abstenus d’intervenir estimant certainement que ce ne sont pas leurs oignons. Mais et s’il s’agissait d’un piège destiné à envahir la représentation diplomatique ?
A défaut de ne pas directement intervenir sur le théâtre de l’opération, l’ambassade doit faire preuve de sa bonne foi en communiquant toutes informations utiles aux enquêteurs maliens car il y va de sa sécurité à elle aussi
Au-delà de la légèreté, l’on est en droit de dénoncer le peu d’égard des français pour la sécurité des Maliens.  
Affaire à suivre

Source: KOJUGU

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