vendredi 14 décembre 2018

Djenèba   et Mariam  étaient le lundi 19 mars devant  le juge du tribunal de Grande instance de la commune VI du district de Bamako.
 « Nous plaidons coupables ».

Les deux sœurs sont arrêtées à la barre pour coup et blessure volontaire et injure non publique sur la personne de Maitre Koto Traoré,  avocat à la cour. Vêtue d’un  tee-shirt blanc et d’un  pagne, Djénèba  est revenue sur le déroulé de la scène. Elle avait appelé sa sœur Mariam pour venir témoigner devant la cour d’Appel dans une affaire de divorce entre son mari et elle.  « Après son  témoignage, Me Koto Traoré a empêché ma sœur  de sortir de la salle d’audience », explique-t-elle. Et  déclare «  ça ne se passera comme ça ». Soudain, « j’ai entendu des altercations entre ma sœur et l’avocat. Celui-là lui a asséné  des coups de poing». Voyant sa sœur en difficulté, « j’ai quitté la barre à toute vitesse pour donner des coups et  bousculer l’avocat. Et celui-ci  est tombé ». Est-ce que Me Koto a été le premier à porter la main sur elle ? Portait-il une robe ? demande le juge. Affirmatif  répond-t-elle.
Mariam,  la sœur ainée,  apporte des précisions.  «Il m’a traité d’impolie et de mal élevée. Je lui ai dit de ne plus répété cela. Il a récidivé et je lui ai retourné ses insultes ». Toutefois, « quand Maître  m’a frappé j’ai eu du vertige car je venais juste d’accoucher. Et j’ai eu un œil enflé » a précise Mariam avec son  enfant sur le dos.
 Est-ce que vous avez porté plainte ? Pourquoi n’avez-vous pas fait ?  S’interroge avocat de la défense Maître Souleymane  Soumoutera.  «  Non. Nous n’avons pas fait sur conseil de notre père ». Avez-vous raison de frapper un avocat ? « Nous le regrettons. Nous nous sommes mêmes excusées auprès de lui ». Est-ce que vous avez constaté que Me Koto s’est-il blessé ? Est-ce que sa robe était-elle  déchirée ? Demande un des avocats de la partie civile. Non, répondent les deux sœurs.  
Pour le plaignant,  Me Koto, Mariam a commencé les injures dès la fin de son témoignage devant la cour. « Je lui ai demandé pourquoi t’en prends tu à ma mère ? » Il a fallu juste ça pour que les deux dames viennent taper sur moi comme un ballon. Pourquoi a-t-elle insulté votre mère ? S’interroge le juge. « Je ne saurai le dire » affirme-t-il. Maître Koto Traoré  « as-tu tenu des propos du genre ça ne se passera comme ça, mal élevée ou même impolie » renchérit Abdoul Karim Diarra, le représentant du ministère public. « Non je n’ai pas dit ça».
 L’avocat de la défense, Maître Soumoutera  pose une série de question. Est-ce que le tribunal a réagi ? As-tu fait des commentaires après le témoignage de MMT ? Demande l’avocat de la défense.  « Le tribunal n’a pas bronché et je n’ai pas fait de commentaires » précise le professionnel du droit vêtu d’une chemise blanche et d’un costume noir. « Je demande l’application de loi » conclut-il.
La cours les reconnait coupables. Les deux sœurs ont été condamnées à deux ans de prison ferme.
Abdrahamane Sissoko  

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