lundi 25 mars 2019

« Mon objectif est de créer une industrie du cinéma africain afin de conserver et de promouvoir la tradition et la culture malienne et africaine », laisse entendre le jeune réalisateur malien, Gaoussou Tangara. Hé pourtant il peut bien le faire.

A 27 ans déjà, le parcours du jeune professeur de multmédia, réalisateur et cinéaste est une histoire de succès grandiose. Issu d’une grande famille très modeste à Bamako, Bassekou comme l’appelle ses intimes a vécu une enfance peu aisée. Desinateur, calligraphe et peintre depuis son enfance à ses heures creuses, il fréquente d’abord l’Ecole Saint-Pierre A1 de Niamakoro ensuite le Lycée Zeïna de Niamakoro, puis séjourne à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FSEG) qu’il abandonne au profit  du Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasseké Kouyaté de Bamako d’où il en sort Major de sa promotion avec un Master-Multimédia en poche.

« Ayant fait la série Science au Lycée, je voulais devenir médecin, mais le destin a choisi autrement. Bien avant mon bac j’étais accroché à la machine. Je prennais goût, je me suis dis pourquoi ne pas évoluer avec la technologie au lieu de rester tout le temps jouer avec l’ordinateur. C’est ainsi que l’idée m’est venue de développer des projets visant à promouvoir la tradition et la culture malienne », déclare le jeune créateur à la peau noir, portant toujours des lunettes anti-reflet qui cachent ses yeux sombres au soleil.

« Le monde évolue tous les jours. Et dans les sociétés africaines traditionnelles, il n’existe pas d’écoles où l’on apprend la littérature, les sciences, la philosophie, les mathématiques et la technologie. Tout cela s’apprend au contact des anciens à travers des contes. Et ces conteurs ont tendance à délaisser ce metier noble. Il faut qu’on éduque, sensibilise et oriente nos enfants à travers ces contes qui ont pour but de dicter à chacun les règles de vie à adopter pour son propre épanouissement et pour celui de la société. Conserver ces contes sur un support numériqué est vraiment une meilleure manière de les sauvegarder d’ou tout mon combat », laisse-t-il entendre.

Polyvalent en multimédia Gaoussou Tangara maitrise parfaitement les outils numériques en productions audiovisuelle et cinématographique. Gaoussou ’y connaît bien en “Toon Boom animate pro”, “After Effects”, “Première pro”, “CorelDraw”. Il s’exerce aussi en « Illustrator », « In design » et « Photoshop ».

« La technologie 3D est sans limite, tout ce que l’homme peut imaginer en matière de création peut-être adapter en 3d », estime le jeune qui dit avoir accumulé des nuits blanches à apprendre le logiciel de 3ds max sur Internet.

Au cours de sa formation, Bassekou a également bénéficié des stages de formation à « Diakité Peintre calligraphie et peinture », à l’Agence malienne de presse et Publicité, à « ExcelCom infographie imprimerie » et à l’Ecole d’art et de design de Reims (ESAD) en France.  Il a aussi participé en 2016, au Salon International des Technologies de l’Information et de la Communication dédiées à l’Afrique en Tunisie.

Chargé de cours d’infographie 3D au Conservatoire des Arts et Métiers Multimédiat Balla Fasséke Kouyaté de Bamako et cours Photo – vidéo à l’institut Supérieur des Techniques  Economiques Comptables et Commerciales (INTEC-SUP) de Bamako, il est depuis 2012, directeur de production à Vortexgroups sarl, une startup évoluant dans la production audiovisuelle et cinématographique.  

Parmis les œuvres du jeune réalisateur, deux ont particulièrement attirées l’attention du public.
Il s’agit de son film d’animation en trois dimensions intitulé «Souroukouba ni Zozaniba ka djinè fan tiè » ou « le ramassage des œufs des djins par l’hyène et le lièvre » et le film « Oumou, un destin arraché » réalisé en partenariat avec le Conseil consultatif national des enfants et jeunes du Mali (CCNJE) et qui a été préselectionné au Festival  Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) 2019 dans la cathégorie fiction court métrage.

Le film «Souroukouba ni Zozaniba ka djinè fan tiè » sous forme de conte est tiré de la littérature orale malienne. Résume en trois minutes, il permet de mesurer à la fois la créativité, la dextérité, la maîtrise de l’outil informatique par le jeune réalisateur.

Pourquoi ce film ? Bassekou répond « Il faut que nous exploitions notre patrimoine culturel pour montrer aux enfants maliens et africains des histoires que l’on peut porter à l’écran afin de les immortaliser par ce que de plus en plus, les grands parents ne content plus pour nos enfants ».

Le film « Oumou, un destin arraché »  au FESPACO 2019. « Je suis très content. C’est vraiment réjouissant d’être sélectionné au FESPACO qui est le grand rendez-vous du cinéma africain. Cela signifie que le travail que nous avons effectué mérite quelque chose », se réjouit Gaoussou pour qui, « le film, est une contribution à la lutte contre le mariage précoste et forcé.

Correspondance particulière

Pin It
CANAM billboard
INPS_ASSUR

bma art1

RAILDAINFO SUR VOS RESEAUX

L'actu en boucle