dimanche 20 janvier 2019


L’élaboration de manuels scolaires sur l’éducation sexuelle complète (ESC) au Mali fait couler beaucoup d’encre et de salive, depuis la sortie du président du Haut conseil islamique, l’Imam Mahamoud Dicko. Le point d’orgue a été atteint le dimanche avec le rassemblement des milliers de personnes au palais de la culture Amadou Hampâthé Bah.
Tout est parti d’une sortie de l’imam Mahamoud Dicko, président du Haut conseil islamique du Mali. Celui-ci avait parlé de l’élaboration en cours à Ségou de manuels scolaires qui promeuvent «l’homosexualité» à l’école, une pratique honnie par la société malienne. Pour l’Imam Dicko, tous les ordres d’enseignement seraient concernés par la question.
Le ministère de l’Education nationale  soutient le  contraire. «Les travaux jusqu’ici techniques ne répondent qu’à un besoin de recherche documentaire sur l’étude de la question et ne sauraient donc être considérés comme des modules ou outils définitifs», réplique le Pr. Abinou Témé, ministre de l’éducation nationale. L’éducation sexuelle complète n’a qu’un but : maintenir le plus longtemps possible les filles à l’école. Car, selon des études, 30% des filles abandonnent l’école à cause des problèmes de grossesse.  
Dans les colonnes du journal «Le Focus» en date du lundi 24 décembre, Dr. Lalla Fatouma Traoré, spécialiste en ESC au département de la santé publique/FMOS, estime que l’éducation complète à la sexualité cherche à doter les jeunes de connaissances, compétences, attitudes et valeurs dont ils ont besoin pour décider de leur sexualité et bien la vivre.
Alors, le président du Haut conseil islamique est-il vite allé en besogne ? Ou n’a-t-il pas été suffisamment informé ? Difficile de répondre à ces questions.
Toujours est-il que face à la polémique qui ne retombe pas, le gouvernement, à travers le Premier ministre, a rencontré les leaders religieux. Il a été décidé de suspendre l’atelier de Ségou. «Une commission sera mise en place dans les prochains jours pour statuer sur la question», assure un communiqué lu par le porte-parole du gouvernement, Amadou Koïta.
Cependant, cette mesure ne semble pas satisfaire bon nombre de nos concitoyens qui  exigent l’arrêt pur et simple du projet.
 Abdrahamane Sissoko

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