dimanche 20 janvier 2019


La deuxième session de la Cour d’assises de Bamako s’est ouverte le 27 novembre avec vingt de cas de viol et de pédophile inscrits au rôle.
Les cas d’infractions contre les mœurs restent très importants au Mali. Ils arrivent en  deuxième position des affaires jugées par la seconde session des assises 2018 de la Cour d’appel de Bamako. Dix cas de viol et autant de pédophilie doivent être jugés.
La prise de conscience des magistrats  
Ces chiffres illustrent la volonté des victimes à saisir désormais les juridictions. Il est également le symbole de la détermination des magistrats à appliquer la Loi dans toute sa rigueur.
Le procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Idrissa Arizo Maïga, se félicite d’une prise de conscience des magistrats face à l’ampleur du viol dans notre pays et surtout de ses conséquences sur les victimes. «Il est heureux de constater (…) que nous avons au rôle vingt détenus pour des cas d’agressions sexuelles». Ce qui reste une prouesse. Car, dans ces dossiers, «les mises en liberté étaient systématiques au point qu’il nous arrivait de dénoncer aux sessions passées, la banalisation de ces crimes», précise-t-il.  
Le procureur général Maïga s’est réjoui également de «la médiatisation outrancière de certains cas récents». Celle-ci a, selon lui, «fait prendre conscience aux magistrats l’horreur et la détresse qui accompagnent ces infractions». Sans être une panacée, Idrissa Arizo Maïga invite ses pairs à persévérer par la rigueur dans la répression, qui  reste à ses yeux fortement dissuasive.
Un signal d’alarme
La prise en considération des cas de viol ravit les associations des droits de l’Homme. Elles qui dénoncent depuis des années l’impunité dans les affaires de viol. Pourtant au Mali, le viol est puni par l’article 226 de la Loi n°01-079 du 20 août 2001 portant Code pénal. La sanction prévue est de cinq à vingt ans de prison.
La clinique Démè So est une organisation de défense des droits de l’Homme. Son assistant au coordinateur à l’accès à la justice, Diakardia Traoré, se dit satisfait des dénonciations et du refus des victimes de ne plus accepter les arrangements pour que la chose arrive à un jugement. Il exprime son souhait de voir les personnes martyrisées continuer à saisir la justice.
Cependant, le défenseur des droits humains estime que ce nombre élevé constitue «un signal d’alarme». Ça veut dire que les cas de viol ne diminuent pas. Selon lui, même un cas de viol reste un cas de trop. «Parce que  ça ne doit pas arriver», s’exclame-t-il.
Pour terminer, Diakardia Traoré a plaidé pour une large sensibilisation de la population sur les dangers de la violence faite aux femmes. Avant d’ajouter que la répression ne constitue pas la seule solution. Car, affirme-t-il, la prison n’est pas forcément un lieu de rééducation. «Souvent certains bourreaux sortent encore plus dangereux», reconnaît-il.
Lors de la session inaugurale des assises 2017, la Cour d’appel de Bamako avait statué sur quatorze affaires (huit cas de pédophilie, cinq viols et un cas d’attentat à la pudeur). La présente session prendra fin le 26 décembre.
Abdrahamane Sissoko

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