mardi 11 décembre 2018


C’est connu de tout le monde: l’école malienne traverse beaucoup de difficultés. Si elle n’est pas un cas isolé, il est quand même impératif que l’école se remette au plus vite sur les rails. Il y va de la survie même de notre nation d’autant que c’est à l’école que les bâtisseurs de demain se forment. Voilà le challenge du ministre Témé qui est persuadé que l’école plus forte et plus performante est bel et bien possible. D’où le sens de son engagement…


Il n’y a pas de doute là-dessus : l’école est une affaire à tous. Il en est ainsi d’autant que l’école en mode décentralisé met en action plusieurs acteurs : autorités, parents d’élèves, partenaires techniques, collectivités, élèves eux-mêmes, les uns et les autres ayant des responsabilités accrues dans la vie de l’école. Le ministre de l’Education nationale, Pr. Abinou Témé, qui connaît parfaitement ce milieu pour y avoir consacré tout un parcours et toute une vie, sait plus que quiconque l’étendue des défis auxquels il sera confronté pour ramener l’école vers ce renouveau dont on rêve.
Pour cela, le ministre a un style de gouvernance qu’il a annoncé dès sa prise de fonctions, en mai dernier, où il était encore professeur d’enseignement supérieur. Par ce mode de gouvernance publique il compte d’abord faire jouer, à chaque segment, sa pleine responsabilité dans la gestion de l’école. Une responsabilité à assumer par tous ; indépendamment du niveau des charges, chacun dans son rôle, dans le but de récréer l’école, adaptée aux objectifs de développement du pays, et débarrassée de certaines de ses tares qui l’affectent dangereusement ces derniers temps.
« A tout seigneur, tout honneur ! », dit-on. Le ministre Témé a préféré rencontrer sur le terrain le personnel enseignant pour échanger sur les nouvelles orientations qu’il compte imprimer à l’action publique pour renforcer la gouvernance à l’école. Le ministre a tenu à mettre en confiance les acteurs, en ce sens qu’il fait confiance à priori au talent et à la compétence de chacun d’entre eux, pris individuellement dans sa sphère d’activité, d’autant qu’il sait que les responsables qu’ils sont ne doivent pas au hasard leurs titres, et qu’ils ont été « nommés à ces postes par des chefs qui leur ont fait confiance grâce à leurs compétences ».
Voilà, pour le ministre, la mobilisation en faveur de l’école intéresse tous les acteurs de l’école qui y ont à jouer les mêmes responsabilités. Avec les syndicats, la volonté du ministre Témé de renforcer le dialogue social a entrainé un nouveau climat de confiance à partir duquel les premières rencontres ont eu lieu, loin des regards indiscrets, et dans le calme, entre les représentants syndicaux et des responsables du ministère de l’Education nationale autour des préoccupations catégorielles.
Il n’est caché à personne que l’école a été beaucoup perturbée ces derniers temps, à cause des débrayages sauvages et répétitifs, ayant pris des proportions inquiétantes sur la qualité même de l’enseignement dispensé. Si le ministre Témé a pris à bras-le-corps cet aspect des choses, c’est qu’il est persuadé que rien n’amènera le calme dans l’espèce scolaire, et qui aura davantage pour conséquence de renforcer la qualité de l’enseignement, sans ce climat de confiance entre les acteurs, notamment le département de l’éducation et les corporations syndicales. En partant de la considération que les revendications syndicales visent à améliorer les conditions de vie et de travail à l’école, et que l’Etat lui-même ne souhaite qu’un tel niveau de vie et de travail aux enseignants, le ministre Témé a dit qu’il est porteur de toutes les initiatives allant dans ce sens.
Pour une bonne école, il faut des enseignants mieux formés. C’est l’un des crédos du ministre de l’Education nationale qui met un point d’honneur à la formation des maîtres. Il le dit sans cesse ; les jeunes sont l’avenir du pays et pour qu’il y ait un pays développé et stable, il est impératif qu’il y ait des ressources humaines de qualité. Cela, soutient-il, passe par l’école qui doit former au mieux les enseignants qui, à leur tour, distillent le savoir aux enfants du pays. Un lien de causalité que le ministre compte renforcer pour une école plus performante.
C’est aussi le regard qu’il porte sur la bonne tenue des examens. L’année écoulée, les examens se sont globalement bien passés. Cela est à son actif, mais le ministre Témé ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Déjà, à en croire nos sources, il a mis au travail de fourmis une équipe hautement technique, capable de réfléchir aux meilleures conditions d’organisation des examens. Là également, la démarche par anticipation du ministre Témé pour régler les problèmes est perçue, chez bon nombre d’observateurs, comme une dynamique nouvelle par laquelle les mesures contre les fuites de sujets et autres anomalies en la matière seront maîtrisées à défaut d’être éradiquées.
Au cœur du ministère de l’Education nationale, on ne cache pas la volonté du ministre Témé de réformer l’école. Cela concerne aussi bien l’enseignement secondaire, technique et professionnel que le circuit des universités. On attend de voir la création de nouvelles universités. On attend également de voir une certaine concentration de l’espace universitaire dans le but de désencombrer les cités universitaires existantes. De toutes ces actions publiques autour de l’école, il y aura des réformes vigoureuses et courageuses dans la perspective de créer une gouvernance forte et dynamique à l’école.
On attend aussi le ministre Témé sur ce terrain pour qu’il adopte des changements significatifs pour l’amélioration du système éducatif, dans son ensemble. Cet homme de convictions, professeur d’université, qui estime qu’il agit par devoir de génération, en ayant conscience que servir son pays n’est que juste reconnaissance aux immenses efforts déployés que « nous soyons ce que nous sommes », est bien parti pour s’attaquer aux problèmes de l’école. Afin de lui permettre d’être de meilleure qualité pour servir les enfants du pays. Pourvu que ça dure…

Oumar KONATE

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