mercredi 21 novembre 2018


C’est une vérité de Lapalisse que d’affirmer le caractère plus que laborieux du processus de paix au Mali. Au point que les acteurs de cette quête de paix et de réconciliation en sont, dans leur for intérieur, très sceptiques quant à l’aboutissement de cette marche à pas de caméléon. Combien de ces acteurs sont « intéressés » en indemnités et perdiems pour le pompeux titre de membre de tel ou tel organe de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger ? Et il est établi qu’avec un retour définitif à la normale, les réunions interminables auxquelles ils participent avec des prises en charges financières conséquentes prendraient fin. Personne alors ne veut que ce processus s’achève. Pis, on préfère signer de nouveaux documents pour peindre la paix comme une silhouette insaisissable. Après l’Accord pour la paix, on vient de signer le pacte pour la paix ? Et dire qu’auparavant, l’on avait signé le cessez-le-feu de Kidal, les « arrangements » de Tessalit ou d’Inkhalil…Pour ne citer que ceux -là.
C’est à croire que nos…chercheurs de paix sont dans un jeu de dupes, convaincus que la paix sera au bout de la série de documents qu’ils auront signés ! C’est à faire bouger feu le président Félix Houphouët Boigny dans sa tombe. « La paix n’est pas un mot, c’est un comportement », nous enseignait-il.
Or, les comportements sont de nature belliciste chez nos « frère des mouvements » (terminologie pudique trouvée). Histoire de ménager les susceptibilités de ceux par qui le loup est entré dans la bergerie Mali. Et qui refuse de le faire sortir. Le MNLA, le HCUA et tous les acronymes funestes greffés sur le fantomatique « Azawad » en savent quelque chose.    
C’est ainsi que les travaux de la 28ème session ordinaire du comité de suivi de l’accord (CSA) ont démarré le lundi 15 octobre dernier, au CRES de Badalabougou sous la direction de son président, l’Algérien Ahmed Boutache, en présence des membres du gouvernement, des responsables de la Plateforme et de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Parmi les points inscrits à l’ordre du jour on notait un « débat sur le pacte pour la paix ».
L’objectif de ce « pacte pour la paix » est, explique-t-on, d’amener les parties signataires de l’accord à œuvrer conjointement, avec le soutien de la communauté internationale, à accélérer « la mise en œuvre optimale et inclusive de l’Accord », essentielle à la stabilité du Mali ainsi que la région sahélo-saharienne. Et les participants de s’empresser dans la rhétorique que ce pacte n’est pas un accord de plus mais tutti quanti ! Et Mahamadou Djeri Maïga de la CMA, d’être encore dans le discours, sans convaincre. « Nous sommes en train de voir le contenu du pacte. Les dividendes de cet accord reviennent à notre population, donc qu’on vienne nous dire qu’il faut accélérer la mise en œuvre de l’accord, ça doit même nous faire honte, que d’autres vous disent il faut l’appliquer alors que l’application c’est pour les Maliens. Nous sommes tous dans la logique d’aller vers le pacte qui n’est pas un accord de plus mais qui consiste à réaffirmer notre engagement d’aller vers la mise en œuvre correcte de l’accord ». La première question qui surgit : pour se mettre d’accord afin d’accélérer l’application d’un accord, faut-il en signer un autre ? La seconde est de savoir ce qu’est devenu le régime des sanctions (contre ceux qui font obstacle à la mise en œuvre de l’Accord) longtemps brandi au point qu’il n’émeut personne ? La quête de la paix, pour peu qu’elle soit sincère, elle aboutit ! Tout autre discours est superfétatoire et fait sourire.
Bruno D SEGBEDJI

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