mercredi 21 novembre 2018


 
Après la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle donnant le président sortant vainqueur, le ton des contestations des résultats se durcit du côté de l’opposition à travers des marches. Celle du samedi 25 août a drainé plusieurs milliers de manifestants avec à leur tête le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, son Directeur de campagne, Tiébilé Dramé du PARENA, Dr Choguel Kokalla Maïga du MPR, Konimba Sidibé du MODEC, de Dramane Dembélé de l’ARDEMA, Paul Ismaél Boro, le directeur de campagne de Modibo Koné de Mali-Kanu, le chroniqueur Youssouf Mohamed Bathily alias Ras Bath et d’une foule des grands jours.
 Les leaders de cette marche affirment que les suffrages exprimés lors de cette présidentielle ne reflètent pas la réalité des urnes et rejettent lesdits résultats qu’ils qualifient d’usurpation inacceptable.  Et d’accuser la communauté internationale d’avoir soutenu « une élection truquée, volée à ciel ouvert ».  L’itinéraire de cette marche pacifique et républicaine a débuté de la place de la liberté et a pris fin à la Bourse du travail sous un soleil des grands moments.
Avec des pancartes portant des messages comme « Non à la dictature de la fraude », « Soumaïla Cissé, président élu », « Non au président nommé IBK », « respecter le vote des Maliens », « Non aux résultats proclamés », « seul le peuple a le dernier mot », etc, les marcheurs ont scandé des slogans hostiles au pouvoir IBK, accusant au passage le ministre Mohamed Ag Erlaf et la présidente de la Cour constitutionnelle, Manassa Dagnoko.
L’artiste Harouna Sylla alias « Roberto Magic Sapeur » a succinctement pris la foule en haleine en peignant en noir le quinquennat finissant tout en protestant contre la réélection du président Ibrahim Boubacar Keïta, qualifiée de « fraude et usurpation inacceptable ». Ce qui a suscité un tonnerre d’applaudissements des manifestants dans une ambiance festive.
Le chroniqueur Youssouf Mohamed Batilly dit Ras Bath a indiqué que « la communauté internationale s’est rendue complice d’une élection truquée et volée à ciel ouvert ». Et d’ajouter être déçu par l’attitude de cette communauté internationale dans le processus électoral, «qui a affirmé n’avoir pas  constaté  de bourrages des urnes et de fraudes». Pour lui, les résultats des élections ont été non seulement, avalisés dans du faux par la présidente de la Cour constitutionnelle, mais c’était un service rendu au président IBK pour préserver, à tout prix, son fauteuil présidentiel. Et de fustiger qu’IBK n’est pas « élu pour le peuple malien, mais plutôt élu pour favoriser la partition du pays par des mouvements armés dans le Nord du pays ».  Avant d’ajouter que cette marche est un combat de longue haleine et que « la victoire est certaine ». Car, dit-il,  le peuple a désormais son sort entre ses mains pour inverser la tendance.
Même son de cloche chez Choguel Kokalla Maïga, candidat malheureux à l’élection présidentielle, qui affirme que « le vote des Maliens a été volé, l’élection a été truquée ». Et de marteler qu’il ne se reconnait pas dans les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle, qui est, selon lui « loin d’être impartiale ».  « Dans mon village natal, Ansongo, les groupes armés qui avaient pris des armes en 2012 pour la partition du pays, c’est eux qui avaient été consultés et nommés à des postes par le président sortant pour favoriser sa réélection à la tête du pays », a-t-il déclaré. Pour lui, la résistance est un devoir pour les Maliens pour ne pas être exposés à la volonté d’un groupe clanique qui milite pour des fins personnelles.  Avant de conclure que la cause de cette marche est juste et noble, car, dit-il, les causes justes finiront toujours par triompher et suscitent l’adhésion populaire.
Pour sa part, le chef de file de l’opposition Soumaïla Cissé trouve que cette lutte relève d’une question touchant à la vie de la nation. « Nous sommes républicains et nous sommes sur la bonne voie », a-t-il soutenu. Et d’affirmer « qu’Ibrahim Boubacar Keïta doit comprendre que le peule malien n’est pas d’accord avec cette supposée réélection. Ce n’est pas dans le mensonge qu’on construit un pays », a-t-il déclaré. Pour Soumaïla Cissé, « le Mali a besoin d’un président pacifiste, un président élu par les suffrages exprimés dans les urnes et non truqués ».  Il s’est félicité de la tenue de cette marche sans incident, avant de conclure qu’il compte beaucoup sur le sens élevé des Maliens, qui ne vont  pas  céder à la panique et aux intimidations des autorités qui ne veulent pas reconnaitre leur forfaiture électorale.
Yacouba COULIBALY  

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