samedi 21 avril 2018

Après sa déclaration de candidature à la présidentielle de 2018 sur les réseaux sociaux le 8 avril, l’ancien Premier ministre Moussa Mara a animé une conférence de presse le lundi 9 avril à la Maison de la presse. A cette occasion, il est passé aux aveux rocambolesques.


La nomination de Moussa Mara  à la tête du gouvernement en 2014 avait suscité de l’espoir chez la jeunesse. Malheureusement, elle n’a pas produit les effets escomptés. Le passage du président de Yèlèma à la Primature a été caractérisé par des évènements déshonorants. Il s’agit notamment de sa communication au sujet des avions présidentiels (ceux d’ATT et d’IBK).  S’y ajoute la perte de Kidal du fait de sa visite hasardeuse ayant coûté la vie à de nombreux administrateurs civils et militaires maliens.
L’on se rappelle que, dans sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale, Mara avait défendu l’achat d’un avion par le régime d’Ibrahim Boubacar Kéita alors que le pays en disposait déjà.

Une opération jugée «scandaleuse» par l’opinion nationale tant au regard du coût de l’appareil (entre 18,5 et 20 milliards de francs CFA (38 millions de dollars) que de l’opportunité de cette acquisition.
Dans sa plaidoirie pour convaincre sur l’opportunité de l’achat de ce nouvel aéronef de commandement, le Premier ministre Mara a doublement menti au peuple devant la représentation nationale.
 Dans sa DPG, Moussa Mara a affirmé que l’ancien avion hérité du régime d’ATT était sans-papiers. En plus, il a soutenu que l’aéronef acheté sous ATT était sans documents authentiques attestant son appartenance à la République du Mali.  
Un an après, sur les antennes d’Africable télévision,  le même Moussa revient sur ses propos. Et incongrument, il reconnait les points suivants: l’avion est bien une propriété du Mali, immatriculé au Mali. Selon le Républicain, face au confrère Barry qui lui relaie l’existence des documents au complet, exhibés au parlement avant d’être publiés dans la presse, Moussa Mara modère ses propos et se rabat vers autre chose. Il affirme que ce qui a été publié dans la presse est un acte notarié. Et  pour prouver l’appartenance de cet avion, il va falloir présenter sa facture d’achat, qui « fait foi », selon sa propre expression.
Pour Moussa Mara qui reconnait tout au moins l’existence de l’acte notarié attestant la propriété du Boeing à la République du Mali, ce qui importe pour le convaincre, c’est la facture de la vente du Boeing. De là, on est amené à se demander ce que vaut un acte notarié. « Nous n’avons pas dit que l’avion n’est pas une propriété du Mali ».
S’agissant du nouvel avion de commandement acheté sous l’actuel régime, il a encore excellé dans le mensonge.  Il avait affirmé que cet avion a été acheté à 20 milliards de francs CFA, contre 18 milliards comme l’annonçait le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, dans les colonnes du magazine « Jeune Afrique ».
Acculé de partout, Moussa Mara continue sa défense sans convaincre.  Il fini par reconnaître son mensonge. C’est du moins ce qu’il faut retenir de sa conférence de presse tenue la semaine dernière, lors de la cérémonie de déclaration sa candidature à la présidentielle de juillet prochain. Sur un ton pathétique, Moussa Mara déclare: «J'ai fait une erreur de communication sur l'achat de cet avion».  Avant d’ajouter qu’il n’y a pas une grande différence entre 20 milliards qu’il a annoncés et les 18,5 milliards déclarés par le Président de la République. De toutes les façons, cet aveu de mensonge n’honore nullement Moussa Mara. C’est une grosse faute de débutant  politique.  
Oumar KONATE

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