lundi 24 septembre 2018

« Il n’y a pas d’homme providentiel au Mali. Il y a que des opportunistes poussés par le bruit de leur ventre », dit un vieux du quartier. Tel est le spectacle que les Bathily offrent aux Maliens depuis un certain temps.


Comme des girouettes, Ras Bath père et fils changent de langages et de positions. Ils sont tantôt avec « X » quand tout va bien et tantôt avec « Y » quand le vent tourne. Un spectacle assez pathétique qui ne les dérange point.
Ainsi, à peine sortie du gouvernement, Mohamed Aly Bathily alias Ras Bath père a décidé de rejoindre le camp des opposants du régime qu’il défendait bec et oncle dans un passé très récent. Il s’allie ainsi à ceux-là même qu’il pourfendait de la pire des manières par son vocabulaire riche et coloré.
L’homme semble n’avoir pas digéré son congédiement surprise de l’attelage gouvernemental.  Ras Bath père, c’est cet homme qui a été nourri, blanchi et vêtu par le régime actuel. Il fut l’un des ministres qui ont eu plus de longévité au sein du gouvernement sous le règne IBK. C’est normal pour un homme qui a vaincu sur les plateaux de télévision avec sa langue mielleuse et la puissance du verbe. Ras Bath père a bien défendu IBK en 2013 et parfois à son corps défendant.
Sentant les délices du pouvoir lui monter à la tête, privilège qu’il n’a jamais eu sous les régimes ATT et Alpha depuis 1991, l’homme décida de tenter la politique.
Au sein de l’appareil d’Etat, l’homme a pensé qu’il pouvait s’essayer en politique. Alors, il initia une association dénommée ‘’APM’’.  Profitant de sa position de ministre, il parcourra les contrées du Mali avec les moyens de l’Etat. Cette fois, non pas pour travailler mais pour prêcher dans le sens contraire de l’action gouvernementale. Il va jusqu’à pousser les populations à la désobéissance civile et à la révolte. En véritable populiste à l’image de son rejeton de Rasta, Bathily a conquis les cœurs de ses parents de Dio et alentours.
Auréolé par la clameur publique tout comme son fils, Bathily a vu midi devant sa porte. Il a même osé casser tout un quartier, sous prétexte de constructions anarchiques. Il parvient ainsi à se mettre toute la République sur le dos.  Aussi grand « justicier » qu’il se veut, Rasta père a évité de se mêler du fameux débat sur la révision constitutionnelle. Débat dans lequel « son serpent » de fils a acquis une sacrée cote de popularité. Pourtant, c’est l’un des juristes les plus éloquents et les plus acerbes. Personne ne l’a entendu sur ce dossier.
Ejecté de son confort ministériel, Bathily n’a pas tardé à rejoindre le camp des opposants, précisément chez Aliou Boubacar Diallo. Il débarqua avec armes et bagages. Mais pour jouer quel rôle, si ce n’est se positionner au cas où le miracle se produirait de ce côté.
Ils ont le flair et des appétits très aiguisés, Rasta père et fils. Ils savent par avance dans quelle famille la marmite est toujours sur le feu, même en période de disette. Mais qui est fou ?
Une semaine après que le père ait rejoint le camp du milliardaire et philanthrope qui aurait le soutien de Nioro, le fils est venu faire un tour pour sentir l’odeur des lieux. La semaine dernière, il eut un tête à tête avec le candidat déclaré.
Dans ce camp, advienne que pourra, ils ne mourront pas de faim car par ici, qu’il pleuve ou qu’il neige, la marmite ne quittera pas le feu.
Avant, le rejeton avait rencontré le chef de file de l’opposition. Seulement, il n’y a aucune raison pour qu’il ne rejoigne pas son populiste de père dans le camp de Diallo, car chez Soumy Champion, des opportunistes comme eux, il y en a beaucoup.
En perte de vitesse, Rasta fils joue son va-tout. Il fera feu de tout bois pour se caser quelque part. A défaut, il doit amasser une manne financière pour pouvoir passer la période de soudure qui s’annonce très rude pour la famille Bathily.
Mentir, calomnier ou diffamer des pauvres gens sont des choses aisées, mais le repris de justice de Rasta n’a  pas compris que la scène politique est une autre chose. Il a décidé tout comme son père de s’aventurer dans l’arène politique. Seulement voilà. Son père vient de se voir débarquer du bateau APM, car sa position n’est pas celle des militants.
Le rejeton, à son tour, a oublié que les milliers de badauds qu’il mobilisait ne sont pas pour la chose politique. Son réveil serait brutal. Surtout qu’il a décidé à la faveur de son dernier meeting de soutenir l’homme providentiel pour le Mali. Un adage dit que « les chemins de l’enfer sont pavés de bonnes intentions ».  
Le spectacle actuel qu’offre Rasta père et fils en dit long sur la nature et les intentions de cette famille de populistes.
Après avoir fini de faire  les poches à Aliou Boubacar Diallo, le père peut prendre une retraite dorée dont il a toujours rêvée soit dans les profondeurs de son Dio natal ou dans les confins de Sébénicoro. Il pourra utiliser ce temps pour faire des médisances contre son ancien employeur.  Pendant ce temps son rejeton pourra jouir de sa fortune amassée en ce laps de temps.
Au nom du père, du fils et des « saints intérêts ». Dieu veille !
Harber MAIGA

source: Azalaï-Express

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